Nommer le bon problème, c'est déjà commencer à le résoudre
Par le collectif WeValue
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Découvrez le cadre pour identifier un problème véritablement actionnable, basé sur la retour d'expérience de Damien Dufourd lors du Campus du Numérique Public.
On peut livrer dans les temps et dans le budget… et passer à côté de l'essentiel
Voilà une leçon que Damien Dufourd, fondateur et entrepreneur, a apprise à ses débuts. Lors de sa conférence au Campus du Numérique Public (DINUM), il a partagé une histoire qui résonne avec tous ceux qui construisent des solutions.
Le choc du vide
Damien collaborait avec une équipe pour créer une solution dédiée aux aidants familiaux. Dix-huit mois plus tard, le produit était lancé… dans l'indifférence totale.
Pourtant, tous les indicateurs traditionnels étaient verts : délais respectés, budget maîtrisé, équipe mobilisée. Mais sur le terrain, la réalité était différente. Le problème qu'ils avaient choisi de résoudre était trop loin de la réalité vécue par les aidants. La solution ne répondait pas au vrai besoin.
Cette expérience a mené Damien à une question fondamentale : qu'est-ce qu'un bon problème ?
Le cadre des trois dimensions
Un bon problème se trouve à la croisée de trois questions essentielles :
Est-ce que le problème est réel ?
- S'appuie-t-il sur des faits concrets (données, signaux terrain) ?
- Les chiffres au niveau macro résistent-ils quand on descend sur le terrain ?
Est-ce que le problème est majeur ?
- Génère-t-il une souffrance ou des impacts sociaux, économiques ou environnementaux significatifs ?
- Combien de personnes sont concernées ?
- Est-ce fréquent, répétitif, et/ou s'aggrave-t-il dans le temps ?
Est-ce qu'on peut agir dessus ?
- Est-il assez spécifique ? Un problème trop large n'est pas actionnable.
- Est-il clair et formulable en très peu de mots, reconnaissable par celles et ceux qui le vivent ?
- Le problème est-il conscient côté usagers ?
- Quelles solutions existent déjà, et pourquoi ne suffisent-elles pas ?
Éviter le piège classique
Ce cadre permet d'éviter une confusion dangereuse : confondre un sujet important avec un problème actionnable.
Quand le problème est mal posé, on peut optimiser l'exécution à la perfection… et maximiser l'inutilité. Chaque euro, chaque jour, chaque énergie investis produisent un impact zéro.
À l'inverse, quand le problème est réel, majeur et actionnable, chaque ressource consacrée a une chance concrète de produire un impact tangible.
La leçon clé
Avant d'accélérer, avant de lancer une équipe, avant de brûler des ressources, il faut vérifier qu'on est sur la bonne piste. Prendre le temps de bien nommer le problème, c'est investir dans la pertinence de la solution.
Et vous, comment testez-vous la solidité d'un problème avant de construire une solution ?